Avantages:
Le SSD a, par rapport au disque dur classique, de nombreux avantages :
Temps d'accès
:
Il représente le délai permettant d'accéder à une donnée se trouvant sur le lecteur ou le disque dur.
De l'ordre de de 0,1 milliseconde (ms) pour les SSD (0.09 ms pour le X25-M d'Intel), il est 7 ms pour le meilleur disque dur grand public à savoir le Velociraptor 300 Go (plus généralement il faut compter 12 à 15 ms pour les autres disques durs). Cela donne donc au SSD une réactivité hors paire.
Consommation électrique
:
La consommation électrique est d'environ 0,5 Watt en veille et 1 Watt en activité (contre une consommation d'environ 10 Watt pour les disques durs 3.5") mais les meilleurs SSD à l'image du Memoright GT 32Go peuvent monter à 0.8 Watt en veille et 2.3 Watt en activité. Cela reste néanmoins inférieur aux disque dur 7200 tpm au format 2.5" pour portable qui vont de 1 Watt en veille à 4 Watt en activité et fait donc du SSD un atout dans le monde de la mobilité en participant à l'augmentation de l'autonomie des appareils mobiles.
Attention! Il convient cependant de pondérer cet avantage car il semblerait que le consommation des derniers SSD augmentant, l'autonomie pour les appareils mobiles pourrait en être diminuée.
Ce cas de figure est rendu possible par le fait qu'un disque dur ne consomme que son maximum en activité qu'occasionnellement et se contente la plupart du temps d'une consommation légèrement supérieure à celle en veille en accès séquentiel. Le SSD quant à lui consomme toujours son maximum théoriquement dès qu'il est en activité. Si cela ne pose pas de problème pour les SSD consommant de 0.9 à 1 Watt en activité, il en va autrement des derniers SSD sortis qui culminent à près de 2.5 Watt en activité, clairement au dessus des 1 Watt en veille des disques durs traditionnels 2.5".
---> Voir ICI et ICI
La plupart des périphériques à base de mémoire flash ne possédent pas encore de dispositif d'économie d'énergie, car les priorités des constructeurs sont ailleurs :
- d'une part, le secteur tout entier cherche à améliorer la mémoire flash MLC afin de pouvoir proposer des SSD de plus grande capacité tout offrant des performances acceptables
- d'autre part, les algorithmes de répartition de l'usure sont pour l'instant plus importants que les mesures de réduction de la consommation, la durée de vie des cellules continuant à poser problème
Poids
:
Le SSD dispose également d'un poids plus faible que les disques durs traditionnels. En format 3.5" il faut compter environ 130 grammes pour un SSD contre 500 à 800 grammes pour un disque dur classique. Par contre en format 2.5" la différence est moins flagrante mais notable: entre 75 et 100 grammes pour un SSD contre 100 à 120 grammes pour un disque dur mais malgré tout la différence est là. Pour le format 1.8" les SSD peuvent descendre à 15 grammes dans des versions allégées ou 40 grammes dans des configurations plus classiques, contre 45 à 65 grammes pour les disques durs de même format.
Silence de fonctionnement
:
Dû à l'absence de toute pièce mécanique, le silence de fonctionnement est total pour l'utilisateur, néanmoins, comme tout appareil électronique, un sifflement peut se faire entendre sur de basses fréquences en cas d'utilisation intensive du SSD. C'est un phénomène aléatoire et assez rare, mais présent de temps en temps. Certains SSD ne sont même pas sujet à ce phénomène.
Température
:
Comme tous les semi-conducteurs, la mémoire flash chauffe quand elle fonctionne. Et comme tous les semi-conducteurs, elle fonctionne mieux une fois refroidie. Les SSD chauffent mais il est parfaitement possible de mettre sa main sur un SSD après un test, chose moins évidente avec un disque dur.
Résistance
:
La résistance aux chocs est importante puisqu'aucune partie mobile n'est présente. De même, les disques Flash ont une plage d'utilisation thermique et une résistance aux chocs accrue pour une application industrielle. Là où la plupart des disques durs fonctionnent dans une fourchette de 5 à 55°C, la plupart des disques Flash supportent 70°C. Certains disques validés industriellement sont capables de fonctionner entre -40° et 85°C, ce qui permet de proposer des solutions tenant compte des conditions désertiques et polaires pour le secteur automobile. De la même manière, cette résistance est également un atout dans les appareils nomades qui peuvent subir les aléas d'une utilisation mobile.
Fragmentation
:
La fragmentation existant sur les disque durs magnétiques sous certains systèmes d'exploitation et réduisant notablement leurs performances au fur et à mesure que des fichiers sont stockés, utilisés ou déplacés n'a pas d'incidence sur les disque durs SSD. De même, certains constructeurs, à l'image d'OCZ, déconseillent formellement d'effectuer une défragmentation de leurs SSD sous peine de les endommager.
Débits
:
Les puces mémoires actuelles peuvent proposer des débits allant jusqu'à 250 Mo/s en lecture et 120 Mo/s en écriture (Samsung a débuté la production de masse d'un SSD pouvant atteindre les 200 Mo/s en écriture), et ces débits sont plus ou moins constants (cela dépend en partie du contrôleur et de la présence ou non de mémoire cache SDRam) contrairement aux disques durs traditionnels où le débit diminue au fur et à mesure de l'avancement dans le plateau. Les performances sont bien meilleurs que les disques durs 2.5" et même supérieur au Velociraptor à 10.000 tpm, la nouvelle référence en disque dur 3.5" qui atteint un débit maximum en lecture de 125 Mo/s avec une moyenne de 100 Mo/s et un minimum de 80 Mo/s.
- Les accès:
Les débits des SSD, sont comme ceux des disques durs, fonction des accès qu'ils effectuent. Les débits que les constructeurs sont les débits maximums relevés lors d'accès séquentiels, c'est à dire lors d'accès à des éléments d'une list préétablie et ordonnée. Les débits en accès de type aléatoire (aussi appelé
direct), sont, quant à eux, bien plus faibles et généralement peu mis en avant par les constructeurs étant donnés que les ceux-ci sont inférieurs à ceux des accès séquentiels (ils peuvent descendre aux alentours de 30 Mo/s voir moins sur les SSD G.Skill, l'une des rares marques à annoncer les débits lors d'accès aléatoires).
- IOPS
Les IOPS (Input/Output operations Per Second ou IO/s) représentent un système de benchmark qui mesure le nombre d'opérations d'entrée/sortie effectuées par seconde. Les mesures sont établies à l'aide de logiciels tels que IOMeter, l'un des plus célèbres, développé à l'origine par Intel.
Le nombre d'entrée/sortie par seconde (IO/s) dépend essentiellement de la charge effectuée par l'ordinateur, de type serveur (c'est à dire 80% de lecture et 20% d'écriture de manière totalement aléatoire) ou de type plus classique.
En lecture, contrairement aux disques durs dont les IO/s s'effondrent au fur et à mesure que le pourcentage d'accès aléatoires augmente, les SSD voient leurs IO/s stables et ne sont que peu impactés par les accès séquentiels ou aléatoires (de 4000 à 10.000 IO/s pour les SSD avec des accès de 4Ko contre seulement 150 à 500 IO/s pour le Velociraptor).
En écriture cependant, le disque dur reprend l'avantage. Les SSD voient leurs IO/s diminuer de manière drastique pour atteindre de 50 à 650 IO/s pour des accès de 4 Ko (et même 4 à 19 IO/s pour le core V2 à partir de 25% d'accès aléatoire) contre 218 à 817 IO/s pour le Velociraptor. Les SSD sont donc très affectés par le caractère aléatoire des accès en écriture.
Les IO/s peuvent s'envoler au delà des 80.000 sur des types d'accès séquentiels en lecture avec des accès de 512 Ko.
Inconvénients:
-
Capacité
:
La capacité de stockage est pour l'instant limitée comparé au disque dur. Les capacités existantes: 8, 16, 32, 64, 128 et 256 Go n'étant pas suffisantes pour occuper le rôle d'unité de stockage principale (on pourra citer l'exemple du disque de Bitmicro de 832 Go composé de mémoire MLC). Cependant depuis la fin 2007 plusieurs sociétés ont annoncé la production de SSD d'une capacité avoisinant le téra-octet (To). La mémoire MLC permet d'atteindre des capacités plus importantes grâce à sa constitution de 2 bits par cellule contrairement à la mémoire SLC ne contenant d'un bit par cellule.
Sandisk et Toshiba ont alors présenté en février 2008, à l'ocasion de la conférence ISSCC (International Solid State Circuits Conference) la méthode mise en oeuvre pour développer des puces de 16 Gb (2 Go) où chaque cellule peut stocker 3 bits. Gravées en 56 nm, elles présenteraient une surface inférieure d'environ 20% à celle d'une puce équivalente à 2 bits par cellule.
Hynix a également présenté début juin 2008 sa solution de puce de mémoire flash de 32 Go exploitant une technologie à trois bits par cellule, baptisée « X3 ».
Spansion et Samsung ont pour leur part déjà fabriqué de la mémoire flash MLC avancée, à 4 bits par cellule cette fois mais cela ne marche pas réellement en terme de débits.
Les capacités vont progressivemment doubler, cela au fur et à mesure de l'augmentation de la finesse de gravure, celle-ci oscillant entre 43 nanomètres (nm) et 56 nm.
En passant au 43 nm, on peut être en mesure d'obtenir une densité deux fois supérieure à celle offerte aujourd'hui par les cellules de 16 Gb (2 Go) gravées en 56 nm.
-
Prix
:
La technologie étant récente, le prix s'en ressent et c'est aujourd'hui le principal frein à l'adoption du SSD. Il faut compter environ 7.25 euros le Go pour des SSD performants actuellement (579.99 euros: prix au 31/12/2008 : Intel X25-M 80 Go Sata II 2,5") alors que le Go des disques durs classiques les plus performants se négocie à 8.8 centimes (87.89 euros prix au 31/12/2008: Samsung F1 1000 Go 32 Mo) ce qui rend donc le SSD "performance" environ 82x plus cher que le disque dur magnétique. Cependant les nouveaux SSD d'entrée de gamme disposent de débits assez importants malgré l'absence de mémoire cache. les SSD "Solid" de OCZ disposent de vitesses honorables de 155 Mo/s en lecture, 90 Mo/s en écriture et 0.3 ms de temps d'accès et un coût au Go de 2.3 euros pour la version 120 Go affichée à 274,95 euros au 31/12/2008 (la série OCZ Vertex est annoncée avec des vitesses respectives lecture/écriture de 200 Mo/s - 160 Mo/s et de la mémoire cache). Le modèle Patriot Warp v2, affichant des débits de 175 Mo/s - 100 Mo/s vaut lui 179.99 euros pour le modèle 64 Go (prix surcouf du 31/12/2008) , soit un coût au Go de 2.81 euros. Cela rend ces SSD d'entrée de gamme respectivement 26x et 32x plus cher qu'un disque dur classique.
Même le Velociraptor se négocie à 77.6 centimes le Go (232.99 euros prix au 31/12/2008) ce qui le rend encore environ 9x moins cher qu'un SSD performance et 3x moins cher qu'un SSD entrée de gamme.
Mais les prix baissent vite, on estime que sur l'année 2008, les prix auront diminués entre 2 et 3 fois (les puces MLC ont perdu un peu plus de 50% de leur valeur sur les 7 derniers mois - voir tableau des cours). Si la baisse est conséquente cela ne suffira pas encore à rendre le SSD compétitif et il faudra attendre encore 2 à 3 ans avant de commencer à trouver des SSD performants de capacités honnêtes (64 à 128 Go) à des prix abordables pour le grand public.
Cependant il existe un risque de ralentissement de la baisse des prix car la demande dépasse actuellement la production (l'offre). Les constructeurs, assez frileux sur les nouvelles technologies onéreuses ne se pressent pas pour augmenter substantiellement leur capacité de production, attendant de voir l'évolution à moyen terme, et le marché de la mémoire flash n'est pas en mesure d'absorder une demande en telle expansion. Il va falloir un investissement important de tous les acteurs du marché pour résorber le différentiel entre l'offre et la demande afin que le SSD puisse continuer sa progression sur le disque dur traditionnel.
-
Performances aléatoires
:
L'un des problèmes actuels des SSD consiste en des performances parfois en dent de scie de certains SSD. Notamment les bas de gamme tels que les OCZ Core (micro coupure dans les débits) et SuperTalent mais pas seulement car le tout dernier Intel X25-M est touché. Ce dernier voit ses performances se dégrader dans le cas d'une utilisation de type serveur avec beaucoup d'écriture aléatoires. La technique la plus rapide pour retrouver les performances d'origine consiste à effectuer une commande "SECURE ERASE" qui consiste en une remise à zéro du SSD comme s'il venait de sortir de l'usine. Néanmoins, ces problèmes ne concernent pas tous les SSD actuels.
---> Voir ICI et ICI
Cas du contrôleur JMicron:
Dans le monde des SSD, il existe une scission assez nette dans les gammes:
- Les SSD à mémoire SLC pourvus de mémoire cache
- Les SSD à mémoire MLC, moins onéreux, dépourvus de mémoire cache (à l'exception du X25-M notamment)
L'un des problèmes de cette 2ème catégorie est que l'écrasante majorité de ces SSD en MLC est dotée d'un contrôleur JMicro modèle JMF602. Celui-ci a clairement montré ses limites quand il s'agit d'effectuer des opérations de type aléatoire (par oppostion à séquentiel), étant donné la trop faible mémoire cache intégrée au contrôleur. Cela peut alors engendrer des latences pouvant atteindre les 900ms (soit près de 1 seconde) et donc occasionner des "microcoupures" visibles par l'utilisateur, comme celles observées sur les SSD Core de OCZ ou les SSD Silicon Power.
---> Voir ICI
Ce contrôleur est doublement voué à poser problème étant donné qu'il ne supporte que des débits séquentiels maximums de 170 Mo/s en lecture et 135 Mo/s en écriture, qui sont en train d'être dépassés par les tous derniers modèles de SSD, qu'ils soient en SLC ou même en MLC (comme les Vertex de OCZ).
La parade à ce problème est donc de doter les SSD d'une mémoire cache propre de type SDRam. Celle-ci aura pour rôle de stocker les informations et d'éviter ainsi l'engorgement des données qui induit les microcoupures.
OCZ a d'ailleurs annoncé la première gamme de SSD à base de MLC pourvue de mémoire cache (32 à 64 Mo) et dotée d'un contrôleur maison, tout cela à tarif abordable puisque ces SSD sont annoncés à des prix sensiblement équivalents à ceux des Core V1 à leur sortie.
-
Durée de vie
:
C'est véritablement le principal grief porté à l'encontre de la technologie SSD.
Il y a deux raisons à la durée de vie limitée de la mémoire flash.
La première vient de l'oxyde utilisé pour séparer les grilles. Comme nous l'avons vu, les électrons doivent traverser cet oxyde pour passer dans la grille flottante ou en sortir. De temps en temps, il peut arriver que des électrons restent captifs de cet oxyde, et soient relâchés plus tard, ce qui peut perturber les écritures et la lecture.
La deuxième vient de la structure de la grille flottante elle-même : avec le temps, les tensions élevées peuvent l'endommager, ce qui à terme va la rendre inutilisable. On considère généralement qu'une cellule de mémoire SLC peut subir environ 100.000 écritures avant destruction, et que la mémoire MLC est moins endurante : environ 10.000 écritures.
Les solutions:
La majorité des dispositifs utilisant de la mémoire flash disposent d'un contrôleur interne, qui va gérer les accès à la mémoire. Il est utilisé pour les transferts de données, mais aussi pour vérifier que le dispositif fonctionne bien. La puissance nécessaire peut être importante, et Samsung utilise par exemple un processeur de type ARM pour cet usage (Advanced Risc Machine est une architecture de processeurs 32 bits de type RISC conçue en Angleterre et très utilisée dans les ordinateurs de poche, smartphones et appareils embarqués).
Ce contrôleur vérifie automatiquement les écritures en relisant la dernière donnée écrite. S'il lui est impossible de la relire, le bloc complet est déterminé comme défectueux et l'écriture est relancée sur un autre bloc. Donc sauf si la mémoire flash est entièrement utilisée ou défectueuse, les données seront écrites sur le support.
La deuxième vérification s'effectue aussi durant l'écriture, avec la correction d'erreur ECC (Error Correcting Code qui est un code correcteur, technique de codage basée sur la redondance. Elle est destinée à corriger les erreurs de transmission d'une information).
Toutes les puces de mémoire flash disposent de bits de contrôle, qui servent à la vérification des données écrites. En général, le contrôle ECC permet de corriger les erreurs de 1 bit et de détecter les erreurs sur 2 bits. Dans ce deuxième cas, le bloc est indiqué comme défectueux et l'écriture relancée sur un autre bloc.
Une petite explication sur le fonctionnement. On dispose de 3 octets d'ECC par bloc de 512 octets (donc 24 bits). À chaque écriture, le code ECC est calculé et écrit dans la zone inutilisée des blocs de données. Pendant la relecture, le code ECC des données est calculé et comparé au code ECC de départ (celui calculé à l'écriture). Si les deux codes sont identiques, le travail continue. Le premier cas intervient s'il y a une erreur sur 1 bit, à ce moment-là c'est corrigé et l'écriture continue. Enfin, il se peut qu'il y ait une erreur de 2 bits, ou une erreur dans le code ECC lui-même. Ces deux cas spécifiques ne sont pas corrigibles, et l'écriture est relancée sur un autre bloc.
- La gestion de l'usure:
Les constructeurs se sont penchés sur le problème de la durée de vie, et ils ont implémenté plusieurs techniques pour limiter l'usure de la mémoire NAND, c'est ce qu'on appelle le
Wear Leveling.
La première technique, la plus simple, est d'utiliser un
erase pool. C'est la technique des
blocs de réserve. Une partie de la mémoire est réservée, et inaccessible à l'utilisateur. Cette mémoire cachée peut être utilisée par le contrôleur pour remplacer des blocs défectueux sans altérer la capacité du support, et sans que l'utilisateur s'en rende compte. La quantité de mémoire réservée varie, entre 1 et 5 % selon le support et le type de mémoire (on a une plus grande réserve quand on utilise de la MLC). Cette technique n'empêche pas réellement l'usure du support, mais ralentit son impact réel.
Il existe d'autres techniques bien plus évoluées pour limiter l'usure du support:
Dynamic Wear Leveling et
Static Wear Leveling
- Le Dynamic Wear Leveling
le Dynamic Wear Leveling est rarement utilisé car peu adaptée à un usage informatique. Schématiquement, le contrôleur va intercepter les écritures et les distribuer aléatoirement sur des blocs situés dans l'espace libre. Comme les écritures ne seront plus concentrées sur le même bloc physique, on ne risque pas de détruire un bloc en particulier si un programme écrit en permanence sur le même fichier. Le problème de cette technique est simple : si l'espace libre est trop faible, les écritures vont se faire fréquemment sur les mêmes blocs, qui vont s'user et donc devenir inutilisables. On considère que le Dynamic Wear Leveling perd de son efficacité dès que l'espace libre descend sous les 25 % et est inutile avec moins de 10 % d'espace libre.
- Le Static Wear Leveling
C'est une technique assez complexe. Le contrôleur enregistre le nombre d'écritures sur chaque bloc, et la dernière date d'utilisation de celui-ci. Il est donc capable de déterminer la fréquence d'utilisation d'un bloc et son usure. Si on doit écrire une donnée, il va d'abord chercher le bloc qui a subi le moins de cycles. S'il est libre, le contrôleur l'utilise. Par contre, si le bloc contient des données, il va vérifier la dernière fois qu'il a été écrit et déterminer si c'est une donnée statique (pas d'écriture depuis X temps) ou bien dynamique (le bloc a été écrit récemment).
Si c'est une donnée statique, il va la déplacer vers un bloc usé et mettre la nouvelle donnée à sa place. Si c'est une donnée dynamique qui se trouve sur le bloc, il va en chercher un autre. L'intérêt de la technique consiste à placer les données qui ne sont pas souvent écrites sur des blocs usés et de placer les données souvent modifiées sur des blocs qui ont subi peu d'écriture. Cette technologie permet de garder une usure constante sur le support, et de ce fait d'augmenter la durée de vie globale.
Voici deux graphiques qui montrent l'usure schématique d'un SSD après un usage simulé de quelques mois (le même nombre de cycles a été effectué dans les deux cas). Ces graphiques sont théoriques, mais se rapprochent assez de ce qui se passe en pratique pour être intéressants à analyser.
Ce graphique montre un SSD sans protection après un usage simulé de quelques mois. On remarque qu'un certain nombre de blocs ont été utilisés énormément et qu'une grande partie des blocs ont été peu écrits. Des pics d'usures sont présents, et peuvent potentiellement empêcher l'usage du support. C'est une estimation, car les constructeurs ne permettent pas de mesurer l'usure d'un support.
Avec une protection statique, la situation est toute autre
Sur ce graphique, on remarque que l'usure moyenne est un peu plus élevée, mais qu'il n'y a pas un seul pic d'usure. Comme on écrit souvent sur un disque, les données vont tourner sur tout le support, ce qui explique qu'on a une vague à la place d'une ligne droite. Si à un instant T, une donnée statique est sur le bloc le plus usé, à l'instant T+10, ce bloc peut devenir le moins usé, et donc les données sont en rotation sur l'entièreté du support. On a une moyenne d'utilisation faible, mais pas totalement homogène.
Le
MTBF (
Mean time between failures soit le temps moyen avant des échecs) des SSD est généralement annoncé entre 1.000.000 et 4.000.000 d'heures. Même si le chiffre paraît fantaisistes, cela montre que les constructeurs ont confiance en leurs produits car dans la pratique, l'utilisation courante n'usera pas prématurément le SSD.
De plus, les pannes sur les supports de stockage viennent généralement d'une défaillance mécanique, et les SSD étant dépourvus de toutes pièces en mouvement, cela les protège évidemment de ce type de panne.
Il sera préférable néanmoins de se référer à la durée de garantie qui devra au moins être égale à 2 ans, ou idéalement 5 ans, afin de se prémunir contre le risque de voir son SSD hors service.
Au final, selon les constructeurs, avec les
blocs de réserve et la technique du
Static Wear Leveling, la durée de vie des SSD est supérieure à celle des disques durs. Avec la pire estimation (en écrivant en permanence à la vitesse maximale du support), le SSD de Samsung a une durée de vie de 4 ans environ et celui de Transcend de 2,6 ans. Mais ce sont des cas théoriques, en pratique on peut estimer la durée de vie minimale au double ou au triple de ces valeurs. Notons que la capacité augmente la durée de vie, étant donné qu'on dispose de plus de blocs pour distribuer les écritures.
Les solutions SSD:
Les SSD sont aujourd'hui proposés en divers standards:
- Interface:
- ATA:
Certains SSD, notamment ceux d'entrée de gamme utilisent la norme ATA en tant qu'interface (commercialement connue sous le nom IDE ou encore P-ATA). C'est en fait l'ultime évolution de cette norme qui est utilisée, ATA-7.
ATA-7 définit le support de l'Ultra DMA/133 (aussi appelé Ultra DMA mode 6 ou Ultra-ATA133) permettant d'atteindre des débits théoriques de 133 Mo/s. Cette norme est en passe d'être saturée par les derniers SSD culminants à 130Mo/s.
- Serial ATA (S-ATA ou SATA):
-
SATA/150 ou SATA 1 (SATA 1.5 Gbit/s): C'est l'évolution de la norme ATA,. Elle permet un branchement à chaud (hot plug) et possède un connecteur moins imposant que la traditionnelle nappe IDE. Le débit maximal est de 150Mo/s. Cette norme va d'ici peu devenir une limitation fasse aux prochains SSD dont la vitesse de lecture est annoncée aux alentours de 200Mo/s.
-
SATA/300 ou SATA II (SATA 3.0 Gbit/s): C'est l'évolution de la norme Sata/150. Elle apporte simplement un simplement du débit maximum supporté soit 300Mo/s. C'est la norme actuelle des disques durs classiques et des meilleurs SSD mais celle-ci ne dispose que de peu de temps car il ne fait aucun doute que cette norme sera une nouvelle fois un goulot d'étranglement des débits des prochains SSD étant donné la rapidité avec laquelle les débits augmentent au fur et à mesure du temps (notons d'ailleurs l'annonce récente d'un disque dur à 20.000 tpm par Western Digital,
ICI, qui s'agite pour essayer de contrer les SSD mais cela semble peine perdue étant donné le nombre d'acteurs engagés dans les SSD et l'évolution en marche).
-
SATA/600 ou SATA III (SATA 6.0 Gbits/s): C'est une nouvelle évolution de la norme Sata qui autorise des débits jusqu'à 600Mo/s. Elle n'a pas été annoncé à une date précise mais devrait si tout se passe bien débarquer durant le 2ème semestre 2008. Elle sera à même de contenter l'appétit de débit des SSD, durant un temps du moins.
- Format et packaging
Les SSD sont proposés en plusieurs formats et finitions. Il est intéressant de noter que contrairement au disque dur classique, le format n'a pas d'impact sur les performances du SSD, ainsi Mtron et MemoRight proposent leurs SSD en 3.5" et 2.5" sans que les débits diffèrent alors que pour les disques durs classiques, les débits sont moindres lorsque l'on passe à la taille inférieure (exception faite du velociraptor de taille 2.5" encastré dans un radiateur 3.5").
- Format 3.5":
C'est le format standard des disques durs pour ordinateurs fixes. Il est trop gros pour rentrer dans un ordinateur portable.
- Format 2.5":
C'est le format utilisé par les disques durs pour portables. Il est environ 30% plus petit que le format 3.5"
- Format 1.8":
C'est le plus petit format disponible pour les SSD (30% plus petit que le 2.5", il est beaucoup utilisé dans le domaine des baladeurs). Samsung a annoncé en janvier 2008 des SSD de 128Go dans ce format.
- Packaging:
Les SSD sont, comme les disques durs, assemblés à l'intérieur d'une coque protectrice afin d'éviter une détérioration excessive des composants:
- Finition plastique:
c'est la finition de base de la plupart des SSD, une simple coque en plastique entoure les mémoires flash, cela permet de diminuer le coût face à une finition de type aluminium.
- Finition aluminium:
c'est la meilleure finition qui soit, en plus de l'aspect élégant et pur, la finition aluminium brossé permet un gain au niveau du poids mais également une meilleure dissipation thermique. Le problème de la diffusion du bruit ne concerne pas le SSD étant donné l'absence de pièces en mouvement. Il faudra faire attention à bien installer le SSD sous peine de le voir servir à la propagation des vibrations provenant des autres composants.
Les acteurs du marché:
-
Mtron
:
Marque coréenne encore inconnue du grand public jusqu'alors, elle existe depuis 2005 (2006 sous le nom Mtron) et est aujourd'hui l'un des leaders du secteur SSD avec ses produits hauts et moyens de gamme.
-
MemoRight
:
Firme chinoise créée en 2006, elle a pour ambition de truster le secteur "performance" des SSD avec des produits au positionnement tarifaire assez élevé.
-
OCZ
:
Entreprise américaine, créée en 2000, et bien connue pour ses mémoires vives. Elle s'est lancée avec succès dans le domaine du SSD en 2007 et propose actuellement un compromis performance/prix intéressant et montre sa volonté d'innover dans ce secteur en sortant régulièrement de nouveaux modèles. OCZ pourrait créer la sensation avec sa gamme de SSD Vertex, qui annonce un tournant dans le petit monde des SSD avec l'accession pour la mémoire MLC d'un statut "performance".
-
Samsung
:
Géant coréen mondialement connu créé en 1938, il propose désormais des SSD assez compétitifs en terme de prix et de performances.
-
Intel
:
Intel, géant américain né en 1968, pour le moment passif, entend jouer un rôle de premier ordre dans le développement du SSD et dans sa diffusion. Il propose actuellement avec son X25-E un SSD avec des performances de premier plan malgré un prix très élevé.
-
Toshiba
:
Après son échec du HD-DVD, l'entreprises japonaise fondée en 1939 cherche à rebondir et débarque dans le monde du SSD dès l'année 2008. Ses produits ne sont pour l'instant pas encore disponibles dans nos contrées.
-
A-data
:
Entreprise taïwanaise créée en 2001, ses SSD se font toujours attendre. Son SSD dont le débit en lecture est annoncé à 190 Mo/s n'impressionne plus tant le secteur est vivace et l'augmentation des performances rapide.
-
G.Skill
:
Firme Taïwainaise créée en 1989 et marque incontournable dans le domaine des mémoires vives, elle n'a pour le moment pas percé dans le domaine du SSD ne se démarquant ni en terme de prix, ni en terme de performances.
-
Transcend
:
Firme taïwanaise toujours fondée en 1988 et spécialisée dans les modules Dram et mémoire flash, il reste actuellement discret dans le domaine du SSD.
-
Crucial
:
Branche de Lexar, entreprise américaine créée en 1996, Crucial a su te tailler une réputation dans le domaine de la mémoire vive mais n'a pas encore percé dans celui du SSD comme beaucoup d'acteurs connus, cédant le pas à des firmes encore inconnues de tous il y a peu.
-
Buffalo
:
Firme japonaise qui a vu le jour en 1975, elle se caractérise par ses SSD aux capacités peu communes (56, 100 Go...).
-
Sandisk
:
Firme américaine créée en 1988, elle ne fait guère de vague dans le monde du SSD pour l'instant.
-
SuperTalent
:
Entreprise fondée dans la Silicon Valley à la fin des années 1980, elle ne concurrence pas les ténors du secteur dans le haut de gamme.
-
Silicon Power
:
Firme fondée à Taipei en 2003, vient de faire son apparition dans nos contrées et ambitionne de concurrencer OCZ dans le secteur des SSD à bas prix.
-
Bitmicro
:
Entreprise américain fondée en 1999, elle se démarque de tous les autres acteurs du secteur par des SSD aux capacités incroyables permises par l'utilisation de mémoire flash MLC. Il est donc courant de trouver chez eux des SSD de 416 et 832 Go. Ils ont même créé la sensation en annonçant fin 2007 un SSD de 1.6 To avec une vitesse de lecture de 230 Mo/s (l'interface utilisée est peu courant néanmoins puisqu'il s'agit de Fibre Channel 4 Gbps).
-
Patriot
:
Entreprise américaine établie en 1985, Patriot Memory a lancé sa gamme de SSD Warp V2 aux performances on ne peut plus honorables de 175 Mo/s en lecture et 100 Mo/s en écriture avec un prix au Go de 3.28 euros, ce qui en fait l'un des SSD avec un excellent rapport performance/prix. La gamme V3 est déjà en passe de lui succèder mais elle se retrouvera probablement eclipsé par les Vertex de OCZ pourvus de mémoire cache.
-
Veritech
:
Marque inconnue du grand public, Veritech est une compagnie Taïwanaise fondée en 1994. Elle a lancé des SSD aux performances moyennes sans vrai grand intérêt.
-
RunCore
:
Marque chinoise créée en 2006, RunCore vient de débarquer avec des produits couvrant une large palette de gamme, de l'entrée de gamme à la haute performance en passant par des SSD à intégrer dans les netbooks et autres appareils portables.
Les stars du moment:
Intel X25-M 80 Go 2.5"
Il a créé l'évènement de par sa conception spécialement étudiée pour les ordinateurs de bureau "grand public" ce qui a entrainé des éloges malgré un taux en écriture plus faible que ses concurrents, mais aussi des critiques quant à sa capacité à effectuer des tâches dite "de serveur".
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Il vise cependant clairement une clientèle grand public et présente un bon rapport performances/prix.
C'est le coup de coeur du moment malgré les performances qui peuvent subir des chutes selon des cas particuliers.
Prix au 18/12/2008: 579.99 euros
Intel X25-E 32 Go S-ATA II 2,5"
C'est le dernier né de la gamme Intel avec de la mémoire SLC. A la vue des tests de son petit frère basé sur les MLC, ce SSD promet des performances de premier ordre avec ses débits annoncés à 250 Mo/s en lecture et 170 Mo/s en écriture, somme toute logique puisque son tarif est supérieur au modèle 80 Go alors même qu'il ne fait que 32 Go. Une nouvelle star en herbe.
Prix au 23/12/2008: 648.99 euros
Mtron Pro MSP 7500 64 Go S-ATA II 3,5"
Avec 130 Mo/s en lecture et 120 Mo/s en écriture, une garantie de 5 ans et sa coque aluminium, ce SSD propose un compromis dans le podium des SSD très haut de gamme.
Prix au 31/12/2008: 899.99 euros
Memoright 64 Go GT S-ATA 2.5"
La précédente star, avec ses débits de 120 Mo/s en lecture comme en écriture, qui s'est vu coiffée au poteau par le Mtron pro 7500. Il est cependant handicapé par un prix supérieur.
Prix au 01/12/2008: 1199.99 euros
OCZ 120 Go Solid Series S-ATA II 2.5"
Ce modèle 120 Go affiche des taux de transfert maximaux de 155 Mo/sec en lecture et 90 Mo/sec en écriture. Son temps d'accès est quant à lui proche de 0,30 ms. Il propose actuellement le prix au Go le plus faible avec 2.3 euros/Go associé à des débits relativement honnêtes
.
Prix au 31/12/2008: 274.95 euros
OCZ 250 Go Solid Series S-ATA II 2.5"
Ce modèle 250 Go affiche les mêmes taux de transfert que le modèle 120 Go. Il présente la plus grosse capacité de stockage grand public pour un SSD à un prix au Go un peu moins intéressant que le modèle 120 Go (2.7 euros/Go).
Prix au 31/12/2008: 674.99 euros
L'évolution des prix:
Cours de la mémoire Flash DrameXchange
Prix au 10/12/2008: 239.99 euros
Prix au 10/12/2008: 269.99 euros
Prix au 10/12/2008: 599.99 euros
10 jours avec un SSD Memoright 64 Go:
Grâce à la générosité de Memoright et plus principalement
Invant, son distributeur français, je vous présente sur ce lien une revue complète de mes 10 jours d'utilisation du SSD Memoright.
Lien présentation: cliquez ICI
L'actualité:
- Une Alliance pour le SSD
Les disques de mémoire Flash ou SSD devraient se généraliser dans les années à venir. Pour éviter certains abus et encadrer leurs productions et spécifications, une alliance qui regroupe plusieurs grands fabricants taiwanais. Les membres de cette alliance devrait proposer à partir de juillet un premier protocole d'évaluation et de tests pour les SSD.
Pour le moment, cette alliance regroupe Toshiba, A-Data Technology, Transcend Information, Silicon Power Computer & Communications, ASMedia Technology, CoreSolid Storage, JMicron Technology et Allion Test Labs. Cette alliance espère maintenant séduire et attirer dans ses rangs d'autres grands noms de l'industrie comme Hynix, Intel, Micron et Samsung et des grands fabricants de SSD.
Le but serait bien entendu de « standardiser, d'évaluer et d'indiquer au mieux » les performances et la durée de vie des SSD.
- 260 Mo/s
Grâce à un nouveau contrôleur et à l'utilisation de puces mémoires SLC, ce SSD devrait afficher un débit de l'ordre de 260 Mo/s en lecture et de 240 Mo/s en écriture. La commercialisation est attendue pour début 2009 à un prix encore inconnu
Steve Jeon, president de Mtron déclare que ce nouveau contrôleur offre non seulement des performances accrues mais également une grande stabilité et fiabilité en minimisant les erreurs et les instabilités d'une puce mémoire flash classique. Basée sur la superbe technologie de notre première génération de contrôleur, Mtron dominera la prochaine génération de contrôleur grâce à cette toute dernière technologie.
Mtron avec cette annonce colle littéralement ses concurrents sur le tapis niveau performances mais il ne fait pas de doutes que de prochaines annonces vont apparaître en réponse.
- Des SSD 100x plus rapides
Le fabricant américain SanDisk a annoncé aujourd'hui une nouvelle technologie nommée ExtremeFFS (Flash File System) qui permettrait d'accélérer drastiquement les transferts vers un SSD. Le spécialiste de la mémoire flash indique avoir mis au point un procédé permettant de rendre l'écriture aléatoire 100 fois plus rapide qu'avec un SSD classique.
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Les tests:
Sources principales
:
Prix
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Edité le 08/01/2009 à 01:24